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Affichage des articles associés au libellé Histoire du thé

Trois histoires de thé (3) — La dignité du marchand

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Les récits que je propose ici n’ont rien d’historique. Ce sont surtout des légendes décorées par mon imagination. Comme tout ce qui appartient au passé rêvé, elles ont pour elles la véracité qu’on leur donnera. Mais il est parfois si agréable que l’histoire puisse être vraie qu’il importe peu qu’elle le soit vraiment. Il est dit que dans le Japon des seigneurs de guerre, les marchands allaient de par la Chine et l’Inde pour ramener à leur maître armes et oeuvres. Leur seul rétribution était un peu d’or et beaucoup de mépris. Mais un jour, un commerçant qui était versé dans le Zen et le thé voulut recevoir le respect qui lui était dû. À cette fin, il fit construire un pavillon de thé bien particulier.   Lorsqu’un seigneur arrivait, il était accueilli par un jardin dénué de splendeur. Au fond, une petite construction l’attendait, chétive et rustique. À l’entrée, il lui était demandé de poser son sabre et de pénétrer par une petite porte carré où nul ne pouvait pass...

Trois histoires de thé (2) — Paradis Chinois

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Les récits que je propose ici n’ont rien d’historique. Ce sont surtout des légendes décorées par mon imagination. Comme tout ce qui appartient au passé rêvé, elles ont pour elles la véracité qu’on leur donnera. Mais il est parfois si agréable que l’histoire puisse être vraie qu’il importe peu qu’elle le soit vraiment. Le pavillon céleste Il est dit que dans des temps reculés, les lettrés chinois avaient pour coutume de se retrouver dans des pavillons reclus au fond de la montagne. Le chemin qui y mène est parfois bien difficile. Plusieurs heures de marche et de grands périls peuvent attendre le courageux lettré. Enfin, au détour d’un ravin ou d’un sous-bois de bambous, il découvre la cabane isolée qui a vu sur le lac ou le ciel. En entrant dans le pavillon, le lettré abandonne ses querelles politiques et personnelles. Le monde des hommes est mis de côté. Reste les coeurs francs et la pensée haute.   Les participants ont avec eux un grand pinceau en poil de ya...

Trois histoires de thé (1) — La drogue bouddhique

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Les récits que je propose ici n’ont rien d’historique. Ce sont surtout des légendes décorées par mon imagination. Comme tout ce qui appartient au passé rêvé, elles ont pour elles la véracité qu’on leur donnera. Mais il est parfois si agréable que l’histoire puisse être vraie qu’il importe peu qu’elle le soit vraiment. La drogue bouddhique Il est dit que Bodhidharma, père du bouddhisme zen, décida un jour de méditer face à un mur pendant neufs ans et cela sans dormir. Un jour cependant, ses paupières se firent si lourdes qu’il finit par les fermer. À son réveil, il s’en prit à lui-même et maudit sa faiblesse. Pour ne plus jamais refaire une telle erreur, il arracha ses paupières et les jeta au sol. Alors, du sol même jaillit la première pousse de thé. Les disciples de Bodhidharma en firent une boisson en écrasant les feuilles et la servirent au maître. Ainsi, jamais plus il n’eut à craindre que le sommeil le saisisse lors de ses méditations. Dans les temples chinois de ...

Brève du thé #3 : L'histoire du thé entre contes et légendes

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Ou de la difficulté d’écrire une histoire du thé qui ne fasse pas polémique… « Reste-t-il de la soupe miso ? » — Kobori Enshu (probablement)  (Citation aussi attribuée, de façon plus polémique, à Hideyoshi Toyotomi.) Présenter la cérémonie du thé aujourd’hui de manière à faire consensus est assez difficile tant le sujet est sensible parmi les « praticiens ». Cela tient notamment au fait que les informations  contradictoires sont légions. De fait, la plupart des praticiens et historiens s’entendent très vaguement sur la chronologie et les bases de la cérémonie.  Mais tout ce qui concerne l’esprit avec lequel cette dernière doit être menée et les interprétations à donner aux innombrables légendes et récits qui l’accompagnent est sujet à un débat d’apparence très courtois. Bref, je m’en tiendrais à ce que j’ai cru comprendre de mes diverses lectures et conversations et à ce qui pourra intéresser mes lecteurs. J...

Brève du thé # 2 : le thé dans la pratique

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Les septs règles du Thé : « D’abord, préparer un bol délicieux ; placer les charbons de façon à ce que l’eau boue ; arranger les fleurs comme si elles étaient dans un champs ;  en été, suggérer la fraîcheur, en hivers la chaleur ; tout faire en avance ; prévoir pour la pluie et dédier toute son attention à vos compagnons. » — Sen no Rikyu  (qui aimait improviser des bréviaires) Dans toute cérémonie du thé, il y a au moins trois étapes : la purification des ustensiles, la préparation du thé puis le nettoyage des ustensiles. Ce sont là les seules étapes irréductibles qui se retrouvent dans toute pratique du thé (à ma connaissance), même minimale. Qu’est-ce qu’une « cérémonie du thé » ? Décrite le plus sommairement possible, il s’agit d’un évènement organisé par un hôte dans un lieu adéquat ou non avec des invités généralement préparés pour l’occasion. Un certain nombre de codes régissent le comportement de l’hôte et sa façon d...

Brève de thé # 1 La cérémonie du thé c’est quoi ?

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S’il fallait définir la cérémonie du thé simplement, comment faire ?  « Le thé n’est rien d’autre que cela : d’abord faire chauffer l’eau, puis faire le thé et enfin le boire de la bonne façon. C’est tout ce qu’il y a à savoir. » — Sen no Rikyu  (également auteur de centaines d’autres maximes sur le Thé qui rendent celle-ci nettement plus obscure) Entrez dans un monde de simplicité... La cérémonie du thé a pour nom japonais  Sado  ( 茶道 ).  Sado  devrait se traduire par la Voie du thé.  et « Voie » doit ici être entendu au sens fort que les asiatiques donnent à ce terme : comme un chemin pour guider sa propre vie, l’occasion d’une méditation permanente sur la manière de mener sa barque.  Mais la cérémonie du thé est également appelée  chanoyu  ( 茶の湯 ), ce qui signifie « eau chaude du thé ». Les explications de cette seconde dénomination sont nombreuses et je ne me risquerais à en me...

Brève du thé #4 : la diversité du thé entre deux pôles

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« À cette époque, les deux villes où le Cha-no-Yu était en plein essort étaient Sakai à l’est et Hakata à l’ouest. L’esprit de Sakai était ésotérique et calm, celui de Hakata digne et magnifique ( magnificient ). Rikyû et Sôkyû était typiquement de l’est, Sôshitsu et Sôtan de l’ouest. De Hideyoshi, on pourrait dire qu’il avait tendance à prendre l’est comme professeur et l’ouest comme ami. » — A.L. Sadler,  The Japanese Tea Ceremony (je traduis de l’anglais) De ce que j’ai pu lire, on peut identifier deux « racines spirituelles » au Thé moderne. Je dis « racine » mais ce ne sont pas certainement les seuls pratiques qui ont inspirées le Thé moderne, mais ce sont certainement deux « pôles » de la pratique. Ces deux pôles, je les appelle le pôle mondain et le pôle méditatif. Correspondent-ils aux deux villes mentionnées par A.L. Sadler (qui cite ici un texte sans mentionner la référence exacte) ? Je ne saurais le dire avec certitud...

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